fév 9 2012

Mont-REAL

Alors ça y est. Me voici à Montréal, ville que j’ai visité étant enfant, durant mes deux années New-yorkaises, que j’ai revu ensuite à chaque fois que mon avion pour le Québec se posait, pour ensuite la visiter accompagné de ma belle, n’osant presque pas croire qu’un jour, un jour je vivrai vraiment dans cette ville.

Aujourd’hui, dès que je sors de mon travail, je fais face aux tours illuminées du centre ville, centre-ville que je traverse ensuite en métro, ou à pied dès que l’envie me prends, pour me rendre dans mon appart, un petit cube d’espace vide qui nous appartient, au sein d’une tour de 18 étages.

Difficile pour moi de réaliser encore pleinement, tant les choses se sont enchainées rapidement. Néanmoins je ne rêve pas, j’ai réussi à rejoindre la femme que j’aime en changeant de continent, de trouver un job sur place, me faisant ainsi commencer ma carrière d’ingénieur au Canada, j’ai deux nouvelles cartes bancaires dans mon portefeuille, un Blackberry répondant à un numéro commençant par 514, et les clés de l’espace vide et cubique précédent cité.

Ma carte Opus de métro Montréalais côtoie encore ma carte Oyster du métro de Londres, ainsi que quelques tickets de métro Parisien. Dire s’il y a eu du changement dans ma vie ces derniers mois..

Impression de tout cumuler en même temps. Et de partir de presque zéro : n’ayant pus rapporter que deux sacs de fringues, me voilà en train de tout racheter, ou en projet de rachat. Ma valise me sert de bureau temporaire, un matelas gonflable fort confortable prêté par ma douce va nous servir de lit pendant encore quelques semaines, et peut être aurons nous le plaisir de voir bientôt des rideaux agrémenter ces chères fenêtres qui nous réveillent tout les matins de leur éclat matinal..

Que de projets qui se profilent, je commence à découvrir des spots photos qui ne demandent qu’a être exploités, de rues à être arpentées, et de gens à rencontrer. Le tout, toujours accompagné de ma chère Empiemcy, avec laquelle j’ai pus vivre tant de belles choses ces dernières années.


fév 24 2011

First blue year

« Nos amis nous considèrent comme un couple bizarre, mais les seuls moments où nous nous trouvons bizarres sont ceux où nous sommes séparés »
Café Starbucks Québec, Déc 2010

Il y a exactement un an je discutais pour la première fois avec Marie, les mois auparavant on avais pus se croiser sur un forum succinctement, lire et voir les sites de l’un ou de l’autre, et le 24 Février 2010 après un bref échange twitter nous nous parlions pour la première fois directement.

Emails, sms, messagerie instantanées, pour arriver un matin d’octobre dans le grand hall de l’aéroport London Heathrow et toucher pour la première fois la femme avec qui j’allais passer dix jours aussi spéciaux qu’hors du temps. « Je n’oublierai jamais notre premier Week-end à Londres » m’a-t-elle déjà dis, moi non plus. De l’instant où nous nous sommes trouvés, sans portables, ni point de rendez vous, comme des inconnus qui se croiseraient par hasard mais qui se reconnaîtraient immédiatement ; à nos premières soirées passées dans des restaurants, cafés et pubs divers ; à nos premiers réveils dans des lieux qui allaient changer très souvent ; à nos premiers voyages en train, bus et voiture ; rien de tout cela ne peut s’effacer de ma mémoire.

Quelques mois et longues discutions plus tard, je partais de mon dernier examen d’université Anglaise  pour plus de 24h de transports divers, avec des étapes à Paris et Chicago pour rejoindre enfin ma douce.

Ensemble à nouveau, elle m’a fait redécouvrir le Québec, je revoyais cet étrange mélange de culture Franco-Américaine, me ramenant à mes deux origines : Français avec une enfance Américaine. Superbe.
Squattant le Starbucks local : le Café Morgan, passant sur glace et neige dans la rue, patinant pour la première fois sur des sentiers forestiers – sous les encouragements et les rires de mon amour – passant certaines soirées dans des restaurants et pubs, et bien entendu découvrir son monde :  famille, amis, maison, université, villes. Bras dessus, bras dessous, comme toujours.

On est sans doutes pris pour un couple un peu étrange, une Américaine avec un Européen, un océan entre les deux, mais on ne s’est jamais sentis plus proche de quiconque auparavant. Et notre première année est déjà passée. « Déjà » et « seulement » à la fois. Tant nous avons déjà vécu de choses, et en un laps de temps finalement si cours.
Je ne compte plus les échanges et les sujets que nous avons abordé, les lettres, les cartes, les emails, les sms, les appels, les messages instantanés envoyés. Ni tous les films que nous avons vus ou tous les morceaux de musiques découvert ou redécouvert ensemble. Ni enfin tout ce que nous avons déjà pus partager, et partagerons encore, dans les mois et décennies qui viennent.

(à lire : l’article miroir, celui de ma douce)


déc 3 2010

Snow

Il avait neigé. Je n’étais presque pas sorti de la journée et les quelques minutes dans le froid m’avaient montré à quel point j’étouffais. Que j’étouffais et éprouvais le besoin de marcher. Dans le froid.

J’ai ressorti de mon armoire mes chaussures de marche, celles qui me servent épisodiquement en hiver, depuis des années. Qui ont connues la neige de Stockholm, Malmö et Kalmar, non loin de Nybro ; ville Suédoise où j’aurai passé plus d’une semaine à découvrir les gens, la culture et le calme de là bas. Qui auront aussi foulés la glace de Copenhague, les sommets des alpes Française en été, et le sol décrépis des quelques usines et sanatoriums désaffectés que j’ai eu le loisir de visiter.
Mon écharpe, ma veste en cuir, mes gants et me voilà dehors, entre chien et loup.

Couleurs. Choc.

A la tombée de la nuit, la neige deviens bleu. Un bleu céruléum très clair tendant progressivement vers le prussien. Je marche le long d’un trottoir, les trottoirs d’ici, tout comme ceux des banlieues riches américaines, sont décalés du bord de la route, entre cinq et dix mètres de large, parfois flanqué d’une ou deux rangées d’arbres et de buissons.
Une fenêtre sur le réel. Un carré blanc qui se dévoile entre les branches. C’est l’unique ouverture du petit supermarché. Deux portes battantes en plexiglas. Dedans, les clients, les rayonnages et les affiches. Mouvant et statique. Le tout baigné d’une lumière artificielle blanche et dure. Un carré de réel cru dans un environnent bleu, calme et paisible. Sublime contraste.

Quelques mètres, et je vois apparaitre à coté de la supérette, encore une fois durement éclairé par de l’éclairage au néon blanc, le passage souterrain permettant aux passants de traverser la voie rapide. Le passage n’est pas gris, ni blanc, mais coloré de courbes, de lettres. De cette calligraphie urbaine que j’ai toujours tellement aimé. De ce goût prononcé qui me fera passer pour un ver de bibliothèque au collège quand j’avais des plumes et des encriers dans mon sac, et qui me fera passer pour un voyou au lycée quand je transporterai alors marqueurs pointe large et cylindres Montanas. Les gens sont superficiels.

Un peu plus loin, les arbustes disparaissent, laissant le champ libre sur la rue sinueuse plantée de réverbères à lumière jaune. Lumière qui se diffuse dans l’espace et forme des ronds oranges et lumineux à leurs bases, qui s’élargissent et se mêlent progressivement au bleu ambiant en passant pas les gradients violets.
Ces points chauds qui ponctuellement réchauffent l’environnement et l’architecture. Lui donne des points d’attractions visuelles. Et me donne beaucoup à admirer. Marchant.

Mes mains sont déjà gelées. La lumière, la couleur et le froid.
Le manque aussi. Le manque de celle avec qui j’aurai voulu partager tout cela.
Je respire et regarde autour de moi. Une heure en tout.
Si peu et tellement plus en même temps.