mar 28 2012

Grève étudiante : Full Hypocrisie

Et moi qui pensais quitter les grandes grèves étudiantes en m’expatriant au Canada.
Au revoir les étudiants manipulés à des fins politiques,
Au revoir les petits groupes qui s’autoproclament représentatifs
,
Au revoir universités bloquées par une minorités, me disait-je alors.

Ironie, me voilà au Québec où se déroule en ce moment une des plus grandes « grève étudiante » depuis pas mal d’années.

La seule différence avec la France, même si elle est de taille, c’est que pour la première fois je suis un sympathisant de la « cause ».
Pour ceux qui ne le savent pas (coucou ami Français) l’Etat à décrété une augmentation progressive des frais de scolarités de 1600$ sur une durée de 5 ans. Quand on vois le gaspillage d’argent fait dans les universités (ma start-up étant établie dans une d’entre elles, j’en ai une certaine vision) c’est difficile de ne pas tousser.. et d’être du coté des étudiants : cette mesure est inacceptable.


CECI DIT, ici comme en France, j’assiste aux mêmes scènes folkloriques, aux mêmes délires dictatoriaux présentés comme démocratiques, aux mêmes « syndicats » autoproclamés, aux mêmes idées débiles (bloquer des universités y remportant la palme). S’en est vraiment déprimant.


Le plus drôle arrive quand on relève l’hypocrisie la plus totale, même pas dissimulée, de ces petits chefs d’un jour. Comme la manière de décider s’il faut ou non, déclencher une « grève » de l’établissement, et donc de son blocage.

Il y a la manière démocratique, celle qui consiste à demander l’avis aux étudiants via un système accessible et anonyme. Cette technique a, tout comme en France, bien entendu été la technique la moins utilisée. A raison pour les « organisateurs », à ce jour, tout les retours que j’ai eu des Universités et Cégeps qui ont pratiqué cette manière de faire  n’ont pas eu gain de cause, et ne sont pas rentrés dans une logique de grève et de blocage complet.

L’autre technique, présentée comme telle, mais qui l’est tout autant qu’un régime stalinien au plus haut de sa forme, est d’organiser des « Assemblées Générales », c’est à dire une réunion géante, où de toutes manières pas plus d’un quart des étudiants pourrons assister, faute de place. De ce quart de personne, ne viendrons de toutes manières pas ceux qui ne sont pas d’accords avec le blocage, car ils auront peur de se faire intimider, ou insulter ; le résultat n’est donc jamais très étonnant, et on peux ensuite voir les autoproclamés syndicats étudiants se réjouir de l’issue des « votes » des universités dans les médias.
Quand je lis le journal en ce moment, entre la ré-élection de Poutine, et les Assemblées Générales étudiantes, je me dis que les étudiants Québécois devraient en manger d’avantage que de s’en inspirer.


Ne vous y prenez pas, de toutes manières, quand un groupe de personne a besoin d’intimider et d’user de la force pour éviter ledit groupe de faire quelque-chose, c’est que la majorité n’est justement pas d’accords avec la direction prise..
C’est valable pour un pays, et ça l’est aussi pour vous, étudiants du Québec.
Ce fonctionnement quasi-totalitaire et pleinement antidémocratique, est tellement visible que s’en est presqu’amusant. Un Cégep fait un vote à base d’urnes disponibles, et le vote ne passe pas ? Et bien on relance le vote dans une Assemblé Générale !

Une Université fait une AG, et le vote passe ? Surprenant ! L’université fait un vote électronique la semaine suivante, et le vote ne passe pas ? Exactement ce que je disais. Du coup que pensez vous que ces petits dictateurs décident ? De refaire un vote en AG la semaine suivante.. J’en connais d’avance le résultat.


Un vote mené par une minorité, initié par des représentant autoproclamés, ayant un effet sur toute la majorité, c’est tout, absolument tout sauf démocratique. Et n’abusez pas de mots comme « démocratie » dans vos tracs et vos déclarations : vous ne me faites que d’avantage penser à ces dictateurs d’Afrique qui abusent de ces mêmes mots pour se donner le beau rôle.

De plus, je ne comprendrai jamais le besoin de certains de venir bloquer les universités, votre cause n’est elle donc pas assez juste que vous deviez forcer les étudiants à vous suivre en les empêchant d’étudier ?


En plus, par quel raisonnement absurde arrive-t-on à penser que ne pas étudier dérangera les hommes politiques ? Pensez vous réellement qu’un représentant politique voulant faire passer une loi rentrera un jour chez lui, verra que les universités sont bloquées, et se dira « A zut alors, ils ne vont plus en cours, ils m’ont bien eu ! Je ne pourrai pas faire passer cette loi » ?

Non. Ce qui dérange les politiques, c’est une manifestation d’un mécontentement. Une part de la population mécontente c’est une part de l’électorat qui ne votera peut être pas pour vous. Vous avez raison de manifester dans la rue pour cette raison. Mais avez vous réellement besoin de le faire pendant la semaine ? Manifester tout les Samedis ne serait-il pas plus pratique (vous pouvez aller en cours), et utile (le reste de la population non estudiantine peut montrer son support en manifestant avec vous) ?


En faisant de cette manière,
vous faites preuve de maturité,
vous resteriez une initiative démocratique,
vous ne tireriez pas dans le pied de vos études,
vous n’imposeriez pas aux autres de foirer les leurs,
vous auriez plus de poids en permettant à la population de vous soutenir,
vous limiteriez les débordements qui vous desservirons, tôt ou tard,
et surtout vous réussirez de manière quasi-certaine.


A vous de savoir ce que vous voulez vraiment : avoir une excuse auprès de vos parent pour ne pas aller en cours, ou contrer cette augmentation des frais de scolarité.


fév 9 2012

Mont-REAL

Alors ça y est. Me voici à Montréal, ville que j’ai visité étant enfant, durant mes deux années New-yorkaises, que j’ai revu ensuite à chaque fois que mon avion pour le Québec se posait, pour ensuite la visiter accompagné de ma belle, n’osant presque pas croire qu’un jour, un jour je vivrai vraiment dans cette ville.

Aujourd’hui, dès que je sors de mon travail, je fais face aux tours illuminées du centre ville, centre-ville que je traverse ensuite en métro, ou à pied dès que l’envie me prends, pour me rendre dans mon appart, un petit cube d’espace vide qui nous appartient, au sein d’une tour de 18 étages.

Difficile pour moi de réaliser encore pleinement, tant les choses se sont enchainées rapidement. Néanmoins je ne rêve pas, j’ai réussi à rejoindre la femme que j’aime en changeant de continent, de trouver un job sur place, me faisant ainsi commencer ma carrière d’ingénieur au Canada, j’ai deux nouvelles cartes bancaires dans mon portefeuille, un Blackberry répondant à un numéro commençant par 514, et les clés de l’espace vide et cubique précédent cité.

Ma carte Opus de métro Montréalais côtoie encore ma carte Oyster du métro de Londres, ainsi que quelques tickets de métro Parisien. Dire s’il y a eu du changement dans ma vie ces derniers mois..

Impression de tout cumuler en même temps. Et de partir de presque zéro : n’ayant pus rapporter que deux sacs de fringues, me voilà en train de tout racheter, ou en projet de rachat. Ma valise me sert de bureau temporaire, un matelas gonflable fort confortable prêté par ma douce va nous servir de lit pendant encore quelques semaines, et peut être aurons nous le plaisir de voir bientôt des rideaux agrémenter ces chères fenêtres qui nous réveillent tout les matins de leur éclat matinal..

Que de projets qui se profilent, je commence à découvrir des spots photos qui ne demandent qu’a être exploités, de rues à être arpentées, et de gens à rencontrer. Le tout, toujours accompagné de ma chère Empiemcy, avec laquelle j’ai pus vivre tant de belles choses ces dernières années.


fév 24 2011

First blue year

« Nos amis nous considèrent comme un couple bizarre, mais les seuls moments où nous nous trouvons bizarres sont ceux où nous sommes séparés »
Café Starbucks Québec, Déc 2010

Il y a exactement un an je discutais pour la première fois avec Marie, les mois auparavant on avais pus se croiser sur un forum succinctement, lire et voir les sites de l’un ou de l’autre, et le 24 Février 2010 après un bref échange twitter nous nous parlions pour la première fois directement.

Emails, sms, messagerie instantanées, pour arriver un matin d’octobre dans le grand hall de l’aéroport London Heathrow et toucher pour la première fois la femme avec qui j’allais passer dix jours aussi spéciaux qu’hors du temps. « Je n’oublierai jamais notre premier Week-end à Londres » m’a-t-elle déjà dis, moi non plus. De l’instant où nous nous sommes trouvés, sans portables, ni point de rendez vous, comme des inconnus qui se croiseraient par hasard mais qui se reconnaîtraient immédiatement ; à nos premières soirées passées dans des restaurants, cafés et pubs divers ; à nos premiers réveils dans des lieux qui allaient changer très souvent ; à nos premiers voyages en train, bus et voiture ; rien de tout cela ne peut s’effacer de ma mémoire.

Quelques mois et longues discutions plus tard, je partais de mon dernier examen d’université Anglaise  pour plus de 24h de transports divers, avec des étapes à Paris et Chicago pour rejoindre enfin ma douce.

Ensemble à nouveau, elle m’a fait redécouvrir le Québec, je revoyais cet étrange mélange de culture Franco-Américaine, me ramenant à mes deux origines : Français avec une enfance Américaine. Superbe.
Squattant le Starbucks local : le Café Morgan, passant sur glace et neige dans la rue, patinant pour la première fois sur des sentiers forestiers – sous les encouragements et les rires de mon amour – passant certaines soirées dans des restaurants et pubs, et bien entendu découvrir son monde :  famille, amis, maison, université, villes. Bras dessus, bras dessous, comme toujours.

On est sans doutes pris pour un couple un peu étrange, une Américaine avec un Européen, un océan entre les deux, mais on ne s’est jamais sentis plus proche de quiconque auparavant. Et notre première année est déjà passée. « Déjà » et « seulement » à la fois. Tant nous avons déjà vécu de choses, et en un laps de temps finalement si cours.
Je ne compte plus les échanges et les sujets que nous avons abordé, les lettres, les cartes, les emails, les sms, les appels, les messages instantanés envoyés. Ni tous les films que nous avons vus ou tous les morceaux de musiques découvert ou redécouvert ensemble. Ni enfin tout ce que nous avons déjà pus partager, et partagerons encore, dans les mois et décennies qui viennent.

(à lire : l’article miroir, celui de ma douce)